Mode masculine Été 2013.
Le cliché du sportif déshabillé, la part de la femme et celle de l'enfant révélés. Reste une question de taille : pour quelle équipe tu joues, mec? Quand le match est fini, il faut faire place nette au podium. Et se taire pour le Chant des Italiens qui résonne en l'honneur de Riccardo Tisci.GIVENCHY // Chacun pour soi et Dieu pour tous
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| Givenchy Homme PE 2013 |
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| Givenchy Homme PE 2013 |
// L'Homme // Coach Tisci a vu la Vierge. Elle l'a fait dieu des imprimés, ressuscités pour une nouvelle saison d'obsession - commerciale diront certains, et sans doute à raison. Place aux Saintes et aux Madones, après les rottweilers, pinups et kaléidoscopes à profusion... La grande idée est ailleurs, de toute façon. Sous l'imprimé, c'est d'avoir fait de deux souvenirs de l'enfant un seul vestiaire d'homme fort : l'église, le sport. Un Procession spectaculaire mais portable, où les communiants sagement vêtus de tuniques prennent pourtant souvent les traits baroques d'un gang de sicaires. Après les Minotaures de l'Hiver, de quoi se méfier des enfants de choeur de l'été : ce n'est plus la narine mais l'arête du nez qu'ils ont fait piercer. Pour donner raison aux Reliques : la Mode passe mais les Os restent à jamais. Bien vu, l'homme Givenchy fait sa prière mais joue os pour os, dent pour dent.
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| Givenchy Homme PE 2013 |
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| Givenchy Homme PE 2013 |
// La Mode // Sainte Trinité de la Silhouette : l'homme amène le costume, le sport amène le sport, la religion la tunique et le thème des imprimés. Tout s'entremêle, un nouveau dogme du vestiaire masculin [veste sur tunique sur pantalon ou short] se dessine et la tension majeure de l'été aussi : la femme est là (des mannequins femmes participent d'ailleurs au défilé), dans les figures saintes imprimées (Vierge, Ste-Thérèse en plein Extase), dans les matières luxueuses (organza, soie, voileries), dans les couleurs tendres (rose chairs, blanc virginal), dans les bijoux (en piercing sur le nez et sur les sandales de pèlerins). L'enfant est là aussi, dans les shorts et les sweat-shirts (de façon encore plus évidente sur ceux imprimés d'une icône et floqués avec un numéro).
Deux pièces maîtresses devraient finir par s'imposer. Sans difficulté pour les imprimés, qui sont partout mais qui sont forts : icônes religieuses qui impressionnent lorsqu'elles semblent soudain enluminées, gravées en relief dans le métal, ou au contraire sous-jacentes au vêtement, presque radiographiées comme un Saint-Suaire, ou encore peintes à l'huile et éclairées à la bougie sur de la soie, ou enfin multicouches, réparties entre chaque éléments de la tenue (blouson, chemise, cravate...). Plus long sera certainement le chemin pour la Tunique, pourtant clé de voûte de cette nouvelle masculinité.
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| Givenchy Homme PE 2013 |
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| Givenchy Homme PE 2013 |
// On passe à la caisse // Les pièces en soies noir à se damner : sweat-shirts et Teddy à la Vierge Triste. Un autre sweat-shirt blanc à icône numérotée. Une tunique, noire see-through pour commencer. Quant au rose poudré, la tentation devrait être forte.
// On passe son tour // la sandale de pèlerin, c'est péché. Les imprimés les plus racoleurs aussi : Vierge disco (WTF?), flocages faciles, carrés sur t-shirts noirs...
LANVIN // Adversaires Equipiers
// L'Homme // Lucas Ossendrijver dit de son show particulièrement posé (il est vrai moins impressionnant qu'à l'accoutumée) : "It's all about contrast". Ramené à l'homme, et c'est un peu comme forcer les adversaires à jouer dans la même équipe. Pas vraiment de silhouette Lanvin cet été. Mais autant de personnalités que de passages. Un manque d'esprit d'équipe, mais du sport partout quand même. Plus référencé, plus décalé : des t-shirts de boxer 90s Rocky Balboa mais en soie fluide, parfois même transparente, des sacs à dos aux harnachements grand luxe, du rétro-sport preppy (marcels de soie bicolore), des kways sexys portés en chemises, zippés, translucides, sur torse nu de gringalet. Même le costume est désossé, simplifié, pour laisser bouger les muscles comme dans un jogging.
// La Mode // Contraste sur tous les terrains. Opposition des couleurs dès les premiers passages noirs et blancs. Opposition des silhouettes, pantalons oversized taille haute contre pantalons fittés taille basse. Opposition de matières, masculin sportswear comme le nylon, laine ou cuir bruts, contre effets d'habitude réservés au vestiaire féminin : cirées, nacrés, transparents, lamés.
// On passe à la caisse // la Ola pour les sandales, les plus belles de l'été. Simples et ludiques comme des legos qui semblent personnalisables à l'infini : bleu ciel, noir vernis. Pour les kways transformers qui deviennent des chemises. Et tous les t-shirts de boxe.
// On passe son tour // Les sophistications de l'extrême : python sur chemise de sport, les chemises rose et les effets nacrés de Barbie que ma petite cousine pré-pubère, loin du second degré de la mode, m'envierait pour de vrai. Les pantalons oversized speakeazy. Mais qu'on lui fasse la peau, à Roger Rabbit. Et qu'on revienne à des proportions plus portables.
3.1 PHILLIP LIM // Baseball. Capoeira. Aïkido.
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| 3.1 Phillip LIM Homme PE 2013 |
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| 3.1 Phillip LIM Homme PE 2013 |
// L'Homme // Le sport de Phillip Lim, c'est de mix-and-matcher les influences de la ville qui fait sa mode : NYC. Si le sportswear et, plus largement, le COOL US restent le pivot de l'équipe, ils sont solidement épaulés de coéquipiers japonais et brésiliens qui balancent sans cesse entre le chaud et le froid. Avec très peu de règles du jeu et beaucoup de fun, Phillip Lim fait du sport un voyage, où l'homme peut se perdre et, qui sait, se trouver.
// La Mode // Le sport à NYC sous les soleils de l'été. Soleil Levant, strappings sur les pantalons et les vestes comme des ceintures de kimono (certaines chemises sont aussi kimono), silhouettes de hérons en vestes samouraï (tenues entre-ouvertes par un zip) et bermudas blancs sur chemise noire, ensembles blanc sur blanc comme des habits de cérémonie. Et Soleil Brûlant : legwears et bermudas de capoeira (et de football américain), imprimés, broderies ou incrustations baroques et féminines, couleurs organiques, chaudes, naturellement luxuriantes - ors, ocres, bleu ciel de tempête, écrus, denim, kaki...
// On passe à la caisse // Les bermudas sur legwear raccord, bleu nuit et ciel, noir, blanc... Les vestes de baseball zippées : blanc, blanc avec manches de mesh écru, denim tie and dyé, bi-colore aux manches rebrodées, un pantalon de capoeira imprimé.
// On passe son tour // Tous les lancés qui ne se sont pas transformés en touchdowns : à commencer par les chaussures, entre sabots et claquettes de piscine. Carton rouge aux surenchères d'imprimés et de strappings. Que reste-il au COOL sans la simplicité?


























