dimanche 24 juin 2012

KANYE WEST + JAY-Z A BERCY // TIGGAS IN PARIS. Le show, la scène, la mode.

Jay-Z + Kanye West - Watch The Throne à Paris Bercy

Le 1er, 2 et 18 juin, Bercy c'était Chasse et Pêche. 
Deux tigres en cage, des gros poissons trop bien sapés plein les gradins, des animaux digitaux et dangereux comme dans un safari, comme dans un Jumanji - rottweilers, tigres, requins blancs, contre colombes et antilopes - et même des Kim Kardashian chez les VIP...

Welcome to The Jungle

Kanye West + Jay Z
Watch the Throne Tour

Retour à l'état de nature. A la loi de la jungle. Au gros qui mange le petit. A l'épreuve du face à face d'où personne ne veut sortir vaincu, Jay-Z et Kanye jouent l'harmonie désunie.
Chacun son territoire de chasse, et les groupies seront bien gardées. Jay Z écrase par son flow charismatique, millimétré comme les complications de sa Hublot ; pendant que Kanye apporte le show au show, swagg glitter et auto-tune, pas mieux éduqué depuis qu'il est en Givenchy de la tête aux pieds - insulte la foule qui le vise avec des pointeurs laser.

Qu'on ne parle pas d'un duo. Mais d'un duel d'egos. Parfaitement orchestré : 2 princesses cote à cote, 2 scènes face à face, une quarantaine de titres et un temps de parole réparti comme en temps de campagne électorale. Watch the Throne 1/3, Jay-Z 1/3, Kanye West 1/3. Peu de complicité affichée, mais un intérêt commun évident : Watch The Throne? Ce n'est pas de la musique, c'est un feu-à-volonté sur le Hip Hop game mondial. Lorsque la bataille est finie, que 8 ou 11 Niggas in Paris ont été abattus (un de moins que le record de Los Angeles), Jay Z et Kanye West sont toujours deux, toujours distanciés.


Jay Z + Kanye West
Watch The Throne Paris Bercy

Loin, c'est vrai, de ce monstre hybride "JayKay" qu'on aurait souhaité voir fusionner, naître, se lever sous nos yeux. mais sans aucun mort à déplorer. Pour le plus grand plaisir de la foule, au final : 3 concerts dans le concert, une démonstration de force, de monopole du tube hip hop des dix dernières années (Empire State of Mind, 99 problems, Lift Off, ou Hard Knock Life chez Jay-Z; Stronger, All of the Lights, Jesus Walks, Gold Digger, ou Heartless chez Kanye...).

lundi 18 juin 2012

LA TATTOO GALLERY DE DIESEL + LA CALLIGRAPHIE DE NICOLAS OUCHENIR // ENCRE TATTOO SUPERSTAR


Rooney Mara, The Girl With Dragon Tattoo
W Magazine

Cause I'm looking like Class and he's looking like Trash.
TLC - No Scrubs.

Ce qu'il y a de bien avec le tatouage, c'est qu'il ne choisit pas. Qu'il est les deux à la fois, Class et Trash, sans compromis. Selon les époques, les milieux, les motifs, les références, les tatoueurs... selon, surtout, la lecture de ceux qui le regardent. Le tatouage est une aventure personnelle que l'on plonge dans les yeux des autres. Plus qu'une manifestation ostentatoire du moi, le tatouage c'est l'intime qui remonte à la surface. Refoulement raté. Mal digéré. Mal enfoui. Des obsessions, des névroses, des mirages d'encre sur papier blanc. Sur la peau qui rétrécit à mesure que l'histoire s'écrit. Sur peau de chagrin. Le tatouage est beau et gênant comme un journal intime, sauf qu'il est à pages ouvertes. Un peu comme quand Laclos dit de Madame de Merteuil que son âme est sur son visage. Class et Trash. Où sont le bon et le mauvais goût, l'acceptable et l'inacceptable, lorsqu'il s'agit de nos [res]sentiments en noir et blanc? Nulle part. Ou bien, alors, quelque part perdus dans ce sentiment étrange que, ce que l'on regarde, c'est ce qu'on n'aurait jamais dû voir.

Pourtant cette année, on a vu du tattoo partout. Parce que la Pop Culture à l'encre dans la peau, fait du neuf avec de l'indélébile. Nous éclabousse tous, pointus, mainstreams, fils-à-papa, beaufs, punks-à-chien, tra-tras, tepus, hipsters, protesters, geeks et gym-queens, fucks-la-fashion et modeux... Tout le monde en veut. Tout le monde en a. A ce rythme-là, bientôt belle maman dira tu-aurais-pu-me-ramener-un-tatoué.

// Musique // La fin du monopole pour les rockeurs et les rappeurs à l'ancienne. Désormais même les gendres idéaux ont des tatouages de bad boys. A commencer par Adam Levine, qui pimente son look de chanteur à minettes, et la soupe de son Maroon 5, avec une collection de tattoos XXL.

Adam Levine s'en va en guerre contre le cancer
nu mais couvert de tatouages - Cosmopolitan UK

// TV // désormais, le tatouage à son The Voice, ça s'appelle Ink Master; et même Secret Story enrôle une tattoo-addict dans la Maison des Secrets.

// Ciné // Rooney Mara fait chavirer le coeur d'Hollywood et de Riccardo Tisci chez Givenchy en endossant le rôle de la Girl with the Dragon Tattoo pour le remake de Millenium; Dans Drive, Ryan Goslin a la peau immaculée mais le blouson tatoué d'un scorpion.

// Mode // Mugler ayant un peu laché la grappe à Zombie Boy, c'est Alexander Wang qui prend la relève, en faisant du phénomène rap Afrikaner Die Antwoord l'égérie white-trash+black-ink de sa collection "T" Spring 2012.


// Beauté // les gentilles fifilles de Cacharel jouent avec les mauvais garçons dans Amor Amor Forbidden Kiss, et Dermablend joue avec Zombie Boy dans le film beauté buzz de l'année "Go Beyond The Cover".

Cacharel Amor Amor Forbidden Kiss



La beauté tatouée exhibe ses nouveaux canons : le Brooklyn boy Bradley Soileau, ex-straightedge (punk moraliste) devenu cover boy pour Lana del Rey; et le Top superstar danois Freja Beha Erichsen, qui prête son corps à toutes les marques qui peuvent se l'offrir, puis le tatoue pour se le réapproprier.

Bradley Soileau - It-boy straightedge

Freja Beha - Top Tatouée
rajoute de l'encre Chanel

Idolâtrie toute neuve, retour de hype, nouvelle normalité, portes-parole dédiabolisés... il ne manquait plus qu'une vitrine à la génération tatouage d'aujourd'hui. Ce à quoi s'attelle le capteur d'époque Diesel avec la bien flairée OnlyTheBraveTattooGallery.com, une plateforme sociale ouverte à l'occasion du lancement de son dernier parfum Only The Brave Tattoo.

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