lundi 14 novembre 2011

THE RAPTURE - How Deep is your Love & In the Grace of your Love // AMOURS DE DANCEFLOOR

The Rapture - In the Grace of your Love

Allez en Paix, Bee Gees.
Vous pouvez enfin les zipper, vos suraigus qui nous les cassent. Nos couilles à nous. Et les dézipper, vos braguettes qui vous les pressent. Vos couilles à vous. Descendre d'un octave et monter au ciel du disco. Prenez-le avec vous, le How Deep is Your Love qui houe et hante et hurle-vente depuis 30 ans sur la bande FM. C'est pour un autre How Deep is your Love chanté d'une voix haute quand l'amour est down que nos oreilles bandent depuis cet été. Celui des Rapture. Relève tant espérée et méritée. Et qui ne vient pas seule.

5 ans de silence radio, et de lutte fratricide assourdissante soldée par le départ du bassiste Matt Safer. Les Rapture reviennent avec Luke Jenner seul aux commandes. Et In the Grace of your Love, un 4ème album de chansons d'amours aux mélodies infectieuses qui fait des vagues dès la couverture. Ouvre l'océan des critiques en deux. Et un chemin pour les modeux où Stefano Pilati fait défiler l'Homme Yves Saint-Laurent de la saison. On se dit que le trio new-yorkais a rapté Paris. Sauf que la victime est consentante. Et s'impose dans l'album au présent comme au passé : production du baron de la French Touch Philippe Zdar; et pour toute la clique, visite des églises de Paris comme abyssale source d'inspiration.

Sur le dancefloor, je ne vois que toi mais j'entends double : How Deep is your Love et In the Grace of your love. Bizarres love machines, que Jenner chante avec l'irrésistible urgence d'un rockeur qui hurle à l'amour, la voix falsetto et le coeur fêlé, dans le sillage de Mick Aie-Angie Jagger. Et que Zdar rhabille entre ombre et lumière, paradoxales : travestit en vulgaire eurodance, ou encense du saint écho de la musique d'église. Des chansons comme des nefs où tout résonne : pas seulement la vibration de la voix instrumentalisée, mais aussi les lyrics minimales, fainéantes et répétées à tue tête (Hallelujah / In the Grace of your Love); les émotions exagérées par une production léchée faussement inachevée; l'armada des pianos, saxos, et le déroutant mais fabuleux pas de trois "raggaeton" de In the Grace of Your Love, d'habitude si caractéristique des musiques latines ou afro-caribéennes, qui viennent briser l'orthodoxie binaire "guitare-contre-synthé" ou "guitare-rencontre-synthé" des autres groupes en vogue.

Du sang neuf vraiment sanguin. Rien de tel que des survivors de l'été pour faire nos coeurs indifférents à l'hiver.





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