![]() |
| Nouveau casque Personal 3D Viewer de Sony |
La 3D est l'opium du peuple.
Les dealers de virtuel nous ouvrent les portes de paradis artificiels toujours plus immersifs, toujours plus addictifs. Font des salons de nos petits appartements d'immenses fumoirs où l'on peut monter au ciel tranquille, où la prohibition n'est pas permise. Nouvelle économie de la transe, échappatoire à la décandence de l'autre économie : celle des tours de passe-passe au CAC 40, du Pôle emploi, de la jeunesse postée devant un ascenseur qui ne viendra pas, d'une égalité hommes-femmes qui n'existe que chez Lady Gaga (on me souffle à l'oreillette qu'elle serait aussi protégée par la loi).
La virtualité, héroïne de notre réalité. Agit là où ça fait du bien; sur nos belles endormies endorphines. Et tout ça, garanti sans opiacées, sans chimie clandestine, sans mules transatlantiques, sans aiguille, sans rien dans le nez, sans surveillance policière. Sans âge limite. Mais vraiment sans danger?
Pas le temps de répondre. Car déjà Noël arrive, et Papa Sony en a de la bonne dans sa hotte : ça s'appelle PERSONAL 3D VIEWER HMZ-T1, premier casque de réalité virtuelle individuel. Avec lui, le spectateur regarde le monde (en fait juste un écran TV ou ciné), comme s'il se trouvait à 20 mètres d'un écran de 19 mètres de large. La technologie : deux micro-écrans plats remplacent les verres de nos vieilles lunettes bicolores et projettent une image complémentaire, trompant chaque oeil, puis le cerveau.
Résultat : l'impression d'une immersion relief pleine et entière.
Et pour ne rien gâcher, un design digne d'un grand objet pop, qui ressemble à s'y méprendre à celui imaginé par Mickael Jackson pour la vidéo futuriste de son duo avec Janet, Scream.
Mise en vente en Novembre au Japon, puis partout dans le monde. 800 euros.
Même le Paradis est pavé de mauvaises intentions. Le Personal 3D Viewer de Sony est évidemment (aussi) une réponse commerciale à la technologie Kinect "la manette c'est vous" de Microsoft. Kinect + 3D Viewer. A eux deux, pas seulement de quoi avatariser un peu plus l'Epoque, les médias, l'Entertainment (on se souvient encore de l'incroyable performance immersive de Beyoncé sur Run the World aux derniers Billboards music awards), la mode (Burberry révolutionne le fashion show en faisant défiler mannequins de chair et avatars lors de son intronisation en Chine cette année). Mais surtout, pour la première fois, la possibilité d'une alter-réalité sensible, d'un rêve éveillé pluri-dimensionnel et déjà pluri-sensoriel [vue+ouie]. A quand le toucher?
Sarah Connor?
Elle peut dormir en paix. La guerre Robots contre Humains n'aura pas lieu. Car avec cette nouvelle obsession de l'immersion, c'est de notre plein gré que nous rendons les armes, que nous remettons aux machines les clés de nos consciences, le guide d'utilisation de nos sensations. Nous créons des robots capables de nous tromper. Et de nous isoler, nous détourner de nos semblables, les autres humains.
Ne croyons surtout pas que lorsque que la technologie s'humanise, c'est une victoire pour l'Homme. Le Robot sensible, c'est le robot qui a mangé notre âme.
La preuve avec l'un des buzz digitaux du moment : le mignon SoulBOT3000, petite créature mécanique, à mi-chemin entre R2-D2 et Wall-E, imaginée par le jeune designer suédois Andreas Wannerstedt. En reprenant l’idée selon laquelle chaque être humain perd 21 grammes au moment de sa mort, soit le poids exact de l'âme humaine, il récrit l'histoire de la montée au ciel en faisant d'un minuscule robot le plus attachant des cercueils de l'au-delà. Et la plus originale des réincarnations : robot avec une âme humaine trop humaine, nouvelle enveloppe charnelle 100% ferraille, rexpédiée par la Poste du Paradis aux proches du défunt dont il reproduit les expressions et les mouvements. Tous robots dans cette vie ou dans l'autre.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire