| Jessica Rabbit avant Lana del Rey Bombe cartoon à l'épreuve de la vraie vie |
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| Lana del Rey - Live at the Premises |
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| Lana del Rey - Live at Jools Holland |
Qui veut la peau de Lana del Dey? Tout le monde.
A commencer par les milliers de fans web-hypnotisés qui se sont arrachés en quelques minutes les places encore confidentielles de ses premiers concerts européens (dont celui du Nouveau Casino de Paris, le 7 novembre prochain). Entre curiosité "j'y étais" et fanatisme aveugle. Mais plutôt sourd : personne n'a jamais entendu la belle chanter une seule note live.
Il était temps. On commençait à se lasser des clips montés main répétitifs qui illustrent chaque nouveau morceau et font déjà la signature Lana del Rey (cette semaine encore pour le dernier en date : Gramma).
Elle a pris le live, Lana. Par 2 fois la semaine dernière. D'abord un faux live : via la publication de "Lana del Rey at the Premises" (lieu manifestement imaginaire, mise en scène tout le contraire de spontanée, pas de public). Puis le vrai live enfin : sur le plateau de l'émission britannique Jools Holland.
// Lana del Rey at the Premises
// Lana del Rey Live chez Jools Holland
On s'attendait à voir renaître sous nos yeux Rita Hayworth, en Gilda ressuscitée pour un nouveau tour de chant et de séduction vintage, speakeasy, bourbon. Il n'en est rien. Lana del Rey ne sait pas encore recréer la magie de son univers digital sur scène. Elle y apparaît moins unique, moins puissante, vocalement et physiquement.
Dans le faux-live, elle parvient pourtant à maintenir cette aura de sur-féminité trouble, quitte à multiplier les effets. Et les tentatives de gorge profonde au micro. Mais ça nous va. La voix aussi est profonde.
Qu'en reste-t-il dans le vrai live? Pas grand chose. Rien qu'une petite fille plutôt mal à l'aise, dont on aperçoit trop vite les efforts, les trucs sous les faux-cils. Même le sublime Video Games sonne en deça, perturbé par des effets de voix chanteuse RnB.
Peu importe. Le plus intéressant est ailleurs. Lana nous fait vivre l'expérience Jessica Rabbit de l'année. Le débarquement d'une créature animée, d'une heroïne de cartoon, dans la vraie vie.
Petite Rabbit deviendra grande. Elle ne nous fait pas encore tomber la langue de la bouche, mais elle nous plonge dans cette contemplation étrange, qui questionne les rapports de notre génération au réel, à la digitalisation, et au succès.
"A quel moment la vérité va-t-elle reprendre ses droits?"
On se demande si c'est bien la même fille que sur le Net, si c'est bien sa voix. On se demande si elle sait vraiment chanter. Et quand le décorum va planter.
Phénomène de déformation du réel qui avait joué en la faveur de la débutante Lady Gaga, avantageusement réorchestrée en mode minimal, string-piano-voix, pour ses premières live performances.
"Ah mais en fait c'est une artiste".
Comme dans son premier passage à Taratata, dont la vidéo avait explosé les records d'audience du site web de l'émission. Et reste la plus consultée à ce jour.
Ne t'en fais pas Lana. Paris ne s'est pas fait en jour. Ni ton Hollywood Sad Core. Toute l'histoire de la pop est une histoire de fabrication. Rendez-vous le 7 novembre à Paris pour voir où tu en es de la tienne.


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