samedi 16 avril 2011

ROCK TON STYLE, FAIS CRIER LES FILLES


The Clash - mythologie blouson noir

C'est peut être la façon dont ils titillent la corde sensible de la guitare. Entre deux doigts. Avec les dents. Depuis toujours, les filles sont dingues des rockers.
Toi aussi, ça t'a fait bizarre quand ta copine, qui te fait les gros yeux parce que tu ne mets pas de sous-verre sous ta bière, s'est mise à beugler "fous-toi à poil et prends-moi sur la grosse caisse" en plein stade de France. Et là, tu t'es dit putain, ces mecs-là-remplissent-leur-pieu-comme ils-remplissent-les-stades. Ça t'a donné faim d'allure rock.

Attention les grands timides. Il s'agit d'entrer dans la lumière (et dans un cuir trop moulax). Il faut être devant. Mordre dans le micro. Batteurs, bassistes, et autres virtuoses de l'ombre... Les rêves honteux des filles ne font pas grands cas des seconds rôles. Rien que des frontmen, des mâles alpha.
Équation rock qui leur fait sauter les moutons et la prière timide du soir : lead singer = torride baiseur. C'est comme ça.

Tu n'as jamais touché un instrument de ta vie mais tu penses qu'avec le bon style et deux-trois petites références bien lancées, elles n'y verront que du feu ? L'intention est bonne. C'est vrai que ça peut passer. Mais voilà, t'assumes pas tellement d'emprunter le tshirt Johnny Hallyday à tonton Didier, et la tiag Eddy Mitchell te donne la gerbe. Qui te jetterait la pierre?

Heureusement pour nous les escrocs, les vrais séducteurs du rock bossent dur pour imposer leur multiplicité. Total : y'en a pour tout le monde, aucune fille n'est épargnée Merci les mecs. A l'arrivée, un pouvoir de séduction illimité.

TOUR D'HORIZON DES POSSIBLES

// LE SUPER NOBOD : COMME PAOLO NUTINI
   DIFFICULTÉ : *  CLAQUER : *

Paolo Nutini
La mèche avant Justin Bieber

// Ce que tu portes pour faire comme lui ?
Trois fois rien. Tu n'as aucun penchant pour l'extravagance. Et la mode te fait chier. Pas de problème. Tu optes pour la simplicité (coupes simples, imprimés simples, couleurs simples) pas chère. En somme, rien que ce qu'un ado pourrait se payer avec son salaire de job d'été. Chez Uniqlo et H&M, tu trouves les basiques qui te vont. Plimsoles ou Bensimon aux pieds. Pour les grandes occasions, ta mère craque le slip et t'offre une chemise de chez APC. Mais ton style est ailleurs : tu bosses à fond la mèche en biseau pour qu'elle tombe juste devant tes yeux, et tu portes la guitare en bandoulière dans le métro. Et tu n'as plus qu'à attendre. Que ça morde. Avec ton air un peu humble de gentil garçon qui ne paie pas de mine, mais qui a une histoire, et beaucoup plus à donner que ce qu'il n'y paraît, ça ne manque pas.
// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
A tous ces mecs qui dorment au fond de la classe mais qui sont des stars dans leur garage. Qui du jour au lendemain tirent un trait sur leur passé de geek et ramassent ces filles qui les méprisaient 3 mois plus tôt. Boom. Dans la rue on te demande "excuse-moi tu serais pas Justin Nozuka, ou un mec du groupe Revolver, ou des petits nouveaux de Hangar"?
// Son hymne que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
Last Request si t'es d'humeur à réclamer de l'amour, Jenny don't be hasty si tu comptes le prendre sans demander la permission.


// Qui tu chopes avec tout ça?
Des beaux brins de filles, du genre nature et bien nourries, avec les dents bien blanches et le short en jean coupé trop court, mais comme si c'était pas fait exprès, tu vois. Des filles plus sexy, plus branchées, plus bêcheuses commencent aussi à te faire de l'oeil (Sienna Miller aurait déclaré avoir un crush pour P. Nutini). Mais comme tu n'es pas ce qu'on appelle un queutard et que tu fuis les relations médiatisées, tu t'en fous pas mal. Le plus important pour toi, c'est d'avoir une nana qui t'admire et qui n'a rien contre un bon BigMac.

// LE BRIT BOY NEXT DOOR : COMME ALEX TURNER - ARCTIC MONKEYS
   DIFFICULTÉ : * 
   FRIC A CLAQUER : **
 

Alex Turner, sous influences

 // Ce que tu portes pour faire comme lui ?
Tu es né dans la Creuse mais on s'en fout. Tu es Londonien à l'intérieur. Il pleut 24h/24 sur ton style. Tu shoppes Fred Perry sur ebay, mais tu sais bien qu'il va falloir passer la seconde. Devenir un Burberry boy. Trenchs à finitions militaires, cuirs zippés, bottes de pluie, grosse maille kaki... Tu vas raquer un peu, mais dis-toi que c'est indémodable. Pour t'en convaincre et t'inspirer, tu vas sur la plateforme digitale et musicale de la marque lancée pour promouvoir des jeunes talents du Royaume Uni (et les fringues qu'ils portent) : la bien nommée Burberry acoustic (Pegasus Bridge - Yoko, vivement recommandé)
http://fr.burberry.com/store/content/experience/acoustic/index.jsp
// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
Avec ta coupe de playmo et ton costume un peu étriqué, sa grand mère te prend pour un Beatles, ses parents pour un de ces bébé rockers qui se défoulent les hormones en attendant de pouvoir baiser leur fille dans la chambre d'invité - Kooks, BB Brunes...
// Son hymne que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
Le très sautillant et un peu collant When the Sun goes down s'il est déjà tard. Dancing shoes si tu l'emmènes... danser.



// Quelle fille tu chopes avec tout ça?
De la minette, mais de la bonne. Un peu Twiggy, un peu "à nous les petites anglaises", les bonnes moeurs des années 60 en moins.
En vogue et en vue. Plus pointue que toi, plus friquée que toi, plus jolie que toi, mais qui n'a d'yeux que pour toi (la très it-girl Alexa Chung, in love du très monsieur-tout-le-monde Alex Turner). Comme dans une pub Axe, mais dans la vraie vie.


Alexa Chung - Bazaar

// LE GENDRE IDEAL : COMME BRANDON FLOWERS - THE KILLERS
   DIFFICULTÉ : *
   FRIC A CLAQUER : ***


Brandon Flowers
Crooner Pasteur

// Ce que tu portes pour faire comme lui ?
De ton enfance à Las Vegas, tu as gardé ce je-ne-sais-quoi de chic mormon, cette rigidité tirée à 4 épingles de vrai mec qui rassure les femmes pas bien à l'aise avec les ados androgynes, les excentriques glam rock et les punks un peu dégueu. 90% des femmes pour la faire courte.
La tension est dans une énergie rock délurée, et une présence très Freddy Mercury, mais retenue sur le fil, juste avant le débordement, par des costumes 3 pièces Gucci ou Tom Ford coupés nickel, des chemises amidonnées repassées sans un pli, de chez Charvet par exemple, le tout chaussé de richelieux Ferragamo bien cirées, ou de Mocassins Harry's of London.
// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
Un peu Walker Texas Rangers, un peu 007.
// Son hymne que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
Dur de choisir dans la raffale de chants mobilisateurs conçus pour faire vibrer les stades.
Somebody Told Me, ou le légendaire break "I've got soul but I'm not a soldier" de All These things that I've done.




// Quelle fille tu chopes avec tout ça?
Les jolies filles à qui il reste encore des valeurs. Suffisamment pour t'accompagner dans tes virées nocturne et te montrer le droit chemin, un verre de soft à la main. Suffisamment pour te mettre le réveil et t'accompagner à la messe le dimanche matin. Pas pour les modeuses, ni pour les oiseaux de nuit.
A 29 ans Brandon Flowers reçoit des culottes humides dans la face chaque soir, mais est un homme rangé, marié, et père de 3 enfants. Esprit mormon dehors, esprit mormon dedans.


// LE HIPSTER : COMME DONALD CUMMING - THE VIRGINS
   DIFFICULTÉ : **
   FRIC A CLAQUER : *


The Virgins - Patchwork hipster
c'est cool mais ça pique les yeux

// Ce que tu portes pour faire comme lui ?
Mixages et décalages. Tout est affaire de références savamment entrechoquées : panoplie preppy (teddy bicolores de college boy, chemises rayées à col sur-blanc, sweats floqués aux armureries Ivy, noeuds pap Hamptons), mythologie new-yorkaise (casquettes des NY Mets, des NY Knicks, running arty, imprimés chaotiques comme les tags de Basquiat, shorts en lycra très studio 69, colorblock Fame...), sportswear 90s (converse destroy, chemises de trappeur et bandana, t-shirts Nike ou Reebok sous veste en jean ou cuir biker, casio vintage au poignet...), relents de philosophie beatnik, hippie (grigris et amulettes, imprimés ethniques, psyché Woodstock...).
Le bon goût n'existe plus, les animaux branchés sont lâchés.
Mais attention : le hipster style n'est un fourre-tout qu'en trompe l'oeil, derrière lequel se joue un dialogue d'initiés, un jeu de distinction où seuls sont conviés ceux qui savent. Tout déglinguer sans se gameller. Du coup le hipster vit en cercle fermé, dans les quartiers en friche sur lesquels il fait main-basse, de Brooklyn à South Pigalle... dans les boutiques d'habitués pas si données où tu apprends à shopper : Band ou outsiders / Opening Ceremony / Urban Outfitters / Merci / Killiwatch...
// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
A ceux dont tu as hérité l'obsession pour le décalé, l'anti-establishment, mais qui sont parvenus malgré eux à en faire une mode massive : à Kurt Cobain au marché bio le dimanche matin, aux ex-fluokids des Klaxons le soir tard dans les bars.
// Son hymne que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
One Week of Danger si tu chopes une barmaid, She's Expensive si tu as levé une héritière.


// Qui tu chopes avec tout ça?
Tu ne donnes jamais dans la girlfriend célèbre. Ce qui est connu du peuple te dégoûte, te fait bander mou.
Lorsque les temps sont durs et que la facilité prime : des DJettes, des étudiantes aux Beaux-arts, des petites rockeuses, folkeuses que tu barratines en leur parlant de tes amis galleristes, producteurs...
Quand tu es en pleine forme et que tu retrouves ton ambition, tu vises beaucoup plus haut : beautés bourgeoises mariées en mal d'expériences immorales, intellectuelles prétendument frigides. Tu es comme un vertige, d'abord elles ne te résistent pas, mais èlles se soignent très vite de toi. Tu es souvent seul.

// LE POINTU : COMME JULIAN CASABLANCAS - THE STROKES
   DIFFICULTÉ : **
   FRIC A CLAQUER : **

Le cuir Casblancas, c'est pas pour les papas
toujours sur tshirt impimé

// Ce que tu portes pour faire comme lui ?
Un mec à qui l'on demande "où est le meilleur endroit pour faire l'amour", et qui répond "dans la bouche" ne peut pas être un ringard.
Pedigree redoutable, arrogance imbuvable. Tu as toujours tout eu avant de le demander. A commencer par cette attitude hybride et totalement instinctive qui fait ton style : gentleman comme les professeurs de ton pensionnat suisse; borderline comme les dynasties d'oiseaux de nuit puissants et dépravés que tu tchatches dans tes soirées new yorkaises.
Cette attitude, que tu veux absolument imprévisible, c'est ton territoire, ton AOC inimitable. Sur les forums, les mecs peuvent bien se filer des tuyaux, un peu honteux, sur comment customiser leur cuir et leurs Wayfarer comme toi, comment élimer leurs jeans comme toi. Ils peuvent faire chauffer l'American Express chez Balmain et chez Dior Homme pour se payer des tshirts aux imprimés inspirés des tiens, ou l'un de tes costumes slims anthracites. Ca ne leur souffle rien de ton élégance de branleur bien né.
Et lorsqu'ils pensent enfin maîtriser ta grammaire, tu dégaines l'une de ces excentricités qui relèguent tes concurrents en seconde division : comme ces clins d'oeil vraiment équilibristes à M. Jackson. Qui pour te suivre sur le cuir rouge? Ah on la ramène moins les mecs, hein?
 
Prince Julian dans les pas de King MJ

// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
A un nouveau Mick Jagger. C'est pour ça que sa mère déboutonne le chemisier dès que tu passes la porte.
// Ce que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
Heart in a cage. Rien d'autre.



// Qui tu chopes avec tout ça?

Des filles sophistiquées, du genre ambitieuses et plutôt vénéneuses, qui veulent un it-mec comme on veut un it-bag, comme outil de distinction. Quelques mannequins (papa Casablancas n'est pas fondateur d'Elite pour rien) et quelques cougars aussi, qui se paient de la headline avec ta petite gueule (on a prêté à J. une relation de jeunesse avec Courtney Love). Quitte à en payer le prix : tes côtés sombres, tes réflexes de séduction, ton "je-ne-respecte-rien" qui commence à faire chier tout le monde maintenant que tu as 30 ans et un gamin à charge.

// LE TRASH-DANDY : PETE(R) DOHERTY
   DIFFICULTÉ : **
   FRIC A CLAQUER : ***

  
La veste brandebourg, relancée par Pete Doherty époque Libertines
panoplie de toute une génération de mecs en vogue

- Ce que tu portes pour faire illusion?
Tu connais bien la mode et tu n'inventes rien. Ton truc en plus : t'emparer des codes du chic masculin et les détourner : costume 3 pièces, look marin, veste militaire, brandebourg... Et plus ça te coûte, moins tu respectes. Plus tu souilles : dans la boue des festivals, dans la bière des bouges mal famés, dans le sang de tes pogos... Tes chemises et tes cuirs Dior Homme, tes desert boots Pierre Hardy.
La vérité, c'est qu'elles ne savent rien de toi tant que tu as toujours tes fringues sur toi. Elles n'ont rien vu : de tes tatouages, de tes entailles en dessous. Ca leur fera peur mais ça les fascinera.

 
Veste officier navy, tank top et bretelles
Pete Doherty version matelot ivre
 
Trench et Sheridan
Pete Doherty version Amish sobre


// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
A un jeune Gainsbarre, dont tu t'inspires d'ailleurs allègrement (zizi blanches sur pieds nus, bijoux aux poignets, chemises en jean...), ou à un autre vieux loup de la gratte, Jamie Hince des Kills (même cause, mêmes effets = Kate Moss dans le filet).
// Ce que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
Fuck Forever.



// Qui tu chopes avec tout ça?
C'est indéniable. Tu as l'allure qu'il faut pour accrocher du top (Kate Moss, célébrissime prise de Pete en grande forme) à ton tableau de chasse. Des filles que des mecs beaucoup plus beaux, beaucoup plus riches que toi n'arrivent pas à approcher. Parce qu'elles veulent du frisson, parce qu'elles répondent à l'appel du glauque. Des filles de bonnes familles aussi, celles qui veulent s'encanailler pour un soir. Mais ne reste pas trop tard, quand celles-là sont rentrées chez elles, tu es celui qui ramasses les déchets (Amy Winehouse, ce
qu'il restait à Pete après Kate).

Pete Doherty avec Kate Moss - de la mode
dans la gadoue la gadoue la gadoue

// LE MusicMODEUX : COMME JOHNNY BORRELL - RAZORLIGHT
   DIFFICULTÉ : *** 
   FRIC A CLAQUER : *


Du blanc, du slim, du V, tout
le style Johnny Borrell d'un coup d'un seul


// Ce que tu portes pour faire comme lui?
Ce ne sont pas tant les fringues. C'est sûr, il va falloir apprendre à faire ta modasse, à piquer dans le placard de ta meuf quand elle se séchera les cheveux, et à assumer tes obsessions : jeans ultra-slims blancs (pour être bien certain que ce qui doit être vu sera vu), V vertigineux... Pour tout ça, tu t'en sortiras très bien chez American Apparel, April 77, ou Acne. Pourvu qu'il leur reste ta taille (XS).
Le plus dur, c'est qu'il faut le corps qu'il faut. Et tu sais comme moi qu'il ne suffit pas de ne pas avoir froid aux yeux. Il faut y consacrer le temps, l'argent. Allez on fait les comptes : abonnements à la salle de sport + abonnement spécial "poitrail d'éphèbe" chez Epil'minute + notes de blanchisserie... AÏE.
// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
A Jim Morrison, à ceux qui ont fait de leur chevelure de Christ sur la Croix et de leur androgynie des armes de séduction massive.
// Son hymne que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
Back to the start. Et si c'est une grande sentimentale : tu enchaînes sur America et fais mine d'être touché au plus profond de ton âme. On parie que tu scores?




// Qui tu chopes avec tout ça?

Tu fais l'amour à l'objectif, tu n'y peux rien, c'est naturel. Et c'est vrai qu'avec les flash, on voit très net ce qui se passe sous ton jean. Du coup tu es celui à côté de qui il faut être photographié. Atout de taille pour les wannabe actrices qui tentent un déplacement vers les sphères branchées, et que tu accompagnes aussi très bien sur les red carpets.
Kirsten Dunst, Emma Watson... tu fais monter leur cote, elles te font monter la... C'est ce qu'on appelle un échange de bon procédé.

Johnny Borrell avec Emma Watson
Johnny Borrel avec Kirsten Dunst

// LE ROI DES GOTHS : COMME FARIS BADWAN - THE HORRORS
  DIFFICULTÉ : *** 
  FRIC A CLAQUER : ***


Farris Badwan, et les bien nommés The Horrors
 // Ce que tu portes pour faire comme lui ?
Épouvantail looké à faire peur, tout droit sorti d'un film de Tim Burton (coupe de cheveux Edward aux mains d'argent, vestiaire romantique gothique Sleepy Hollow), il n'y a qu'à Camden Town et aux soirées "suce-moi le sang par le gros orteil" au Père Lachaise qu'on n'éloigne pas les enfants de ton passage. Dommage pour tes parents : ils t'ont inscrit en école catholique.
Tu aimes la mode comme tu aimes mettre de l'orgue dans une chanson pop : parce que ça te rend singulier, parce que ça éloigne les gens de toi, sans que leurs yeux ne puissent se détacher de toi. Tu es un cérémonial que l'on regarde mais que l'on ne suit pas. Tu le sais, ta mode est éphémère. Elle durera tant que ta jeunesse durera. En attendant, tu claques tellement dans la sape que tu n'as plus rien pour bouffer. Ca tombe bien, il ne reste plus que du 24 chez Noir Kennedy, et tes créateurs fêtiches, Givenchy ou Julius, coûtent un bras au centimètre carré.



Farris Badwan et le top Sasha Pivovarova
aux couleurs de Givenchy


// Tu fais penser à quelqu'un, mais à qui?
The Cure, et après eux à la grande famille d'émo-adolescents du rock qui ont la main lourde sur l'ombre à paupière, Jared Leto, Brian Molko... Sa petite soeur trouve surtout que tu ressembles Tokyo Hotel...
// Son hymne que tu chantes sous la douche pour te donner du courage avant l'abordage?
She is the New Thing, petite ritournelle pop macabre.


// Qui tu chopes avec tout ça?

Qui t'aime te suive, les filles que tu n'intéresses pas ne t'intéressent pas. Comme 80% des filles sont plus grosses que toi, l'affaire n'est pas simple. Tu prends un peu ce qui vient, des premières années de fac de Lettres qui voient en toi un nouveau Baudelaire, un nouveau Wilde, un nouveau Maturin... des filles sublimes et richissimes en crise avec l'autorité parentale, et dont tu deviens le jouet d'un instant (c'était toi ou la tentative de suicide au doliprane), avant de finir par ressembler trait pour trait à leur mère... Des belles de nuit pas farouches mais trop camées pour dézipper ta braguette toutes seules. Merde.

2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Merci Julie!
    Aide un peu les mecs aussi : et toi, quel est ton style de rockeur ?

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